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Interview: j’ai investi dans une franchise de vente de parfums 1/2

franchise

Stéphane est propriétaire d’un commerce vendant du parfum en région parisienne. Il a accepté de répondre à mes questions concernant sont business.

[Suite:]

Dans cette première partie seront exposées les questions/réponses relatives à l’entrepreneuriat en général. Dans le deuxième article qui suivra celui-ci nous verrons les questions/réponses concernant les chiffres de son business.

Bonjour Stéphane, peux-tu nous présenter ton parcours ?

J’ai 37 ans. Après des études en comptabilité et commerce, j’ai pu acquérir par la suite un niveau maîtrise en informatique pour « valider » au départ une passion car je suis complètement autodidacte. Depuis, j’ai été responsable-micro pour une société, administrateur réseau pour une SSII et enfin ingénieur de production en tant que salarié dans une grande banque française.

Qu’est-ce qui ta poussé à créer ton entreprise ? Quel a été le déclic ?

Je crois que j’ai toujours rêvé de devenir indépendant et ne plus dépendre d’un patron.

A l’époque, je n’avais pas conscience de la définition et de la construction de différents actifs; Je crois donc que mon premier leitmotiv était tout simplement l’argent… Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un moyen pour arriver à la liberté de mes choix futurs sans contraintes.

Je suis aussi passionné par la mise en pratique de ce que je pense pouvoir faire fonctionner. J’aime réaliser tout simplement.

Le déclic est que nous avons eu l’opportunité, avec ma femme de reprendre une boutique dans le domaine de la décoration à moindre coût (le propriétaire n’en souhaitait plus).

Pour éviter de prendre des risques trop important, c’est ma femme qui a quitté son emploi de salarié pour se lancer. C’est donc sans franchise que nous avons fait nos premières armes dans le domaine du commerce mais dès le départ, nous avons essayé avec nos petits moyens de reprendre certaines idées (Aspect de la boutique, carte de fidélité, chèque-cadeaux…)

Nous avons repris la parfumerie que très peu de temps après grâce encore une fois à une opportunité (la propriétaire n’avait pas réussi à la vendre et avons tout simplement repris le local lorsque ce dernier est parti).

Du fait que nous n’avions plus d’argent, nous avons monté ce commerce avec une associée qui était du métier. Pour notre part, l’argent apporté était celui de ma famille proche.

Quand as-tu investi dans ce business?

J’ai investi dans la parfumerie courant 2005. Mon cashflow aurait pu se faire avant si je n’avais pas eu autant de soucis.

De quels soucis parles-tu? Quel est l’obstacle le plus difficile à surmonter que tu ais rencontré en tant qu’entrepreneur ?

Je vais en évoquer 3 si tu le veux bien :

Le premier est biensûr les banques. Je me souviens que pour notre premier commerce nous avions peiné à avoir nos crédits alors que nous ne demandions que la valeur d’un véhicule (26.000 euros). Ces dernières invoquaient le fait que nous n’étions pas du métier et absolument pas commerçants. C’est au bout de la troisième banque que nous avons eu le financement.

Pour la parfumerie, cela fût aussi difficile mais beaucoup moins grâce à la franchise, cette dernière avait des accords avec une banque. Nous avons emprunté 160.000 euros pour 25.000 euros d’apport pour chaque associé.

La deuxième difficulté fût l’association avec une autre personne; Il vaut mieux rester seul à bord. Au moins, on est sûr d’être d’accord avec soi même… Aujourd’hui, je suis seul et heureux de l’être.

Notre troisième et plus grande difficulté fût… La gestion des salariés. Etant nous-mêmes salarié et ancienne salariée pour ma femme, nous n’avons pas souhaité mettre une hiérarchie importante sur le point de vente. Confiance était notre maître mot… Mais ce fût notre plus grave erreur car un salarié ne peut pas avoir les mêmes buts que vous en tant que propriétaire. Cette grave erreur nous a coûté très chère par un vol important de marchandise (25 000 euros HT). Aujourd’hui, une responsable est présente et des contrôles fréquents sont effectués dans le stock.

Pourquoi avoir choisit la franchise ?

Pour 2 raisons :

La première raison est le gain de temps et d’argent car il est très difficile, voir impossible d’avoir la même efficacité en tant qu’indépendant sur une multitude de choses (affiches, marketing, catalogue, carte de fidélité…). On peut entendre quelques fois par certains indépendants qu’une franchise est chère mais ce n’est rien par rapport à ce que cela peut apporter en terme de CA et quelques fois de remises avec les fournisseurs.

La deuxième raison est que cela aurait été trop difficile d’être indépendant en tant que parfumeur. La parfumerie comme beaucoup d’autres domaines avant (optique par exemple il y a quelques années) vit ces derniers instants hors groupement à un réseau.

Quels sont les avantages et inconvénient de la franchise ?

Les avantages sont nombreux : marketing, publicité efficace et peu coûteuse, négociation avec les fournisseurs dans le cas de la parfumerie, accord avec différents fournisseurs (banque, assurance …) mais aussi rencontre et aide avec les autres franchisés (on apprend énormément de cette manière).

Les inconvénients dans mon cas sont très minimes car je passe plus exactement par une coopérative qui fait partie de la famille des franchises; Le franchiseur n’est donc pas ici pour faire de l’argent et chaque associé de la coopérative à un droit de vote.

Dans le cas d’une franchise traditionnelle (ma femme le vis depuis peu avec un autre commerce), c’est que nous n’avons pas vraiment notre mot à dire sur les décisions. Ensuite, c’est le coût plus ou moins important pour le service rendu.

Ton magasin a-t-il besoin de ta présence pour « tourner » ou as-tu réussi à mettre un système en place de permettant de générer du cashflow sans devoir être tout le temps présent ?

Avec les difficultés que j’ai rencontré, j’ai dû être plus présent pour bien comprendre comment cela fonctionnait mais je n’y ai jamais travaillé (sauf le 24 décembre); Ce fût donc beaucoup de week-end.

Aujourd’hui, je passe 1h30 tous les samedis pour faire un point avec la responsable et j’ai cette dernière par téléphone tous les 2 jours. Je fais aussi un point de trésorerie tous les 15 jours le dimanche à la maison.

Il y a donc du temps passé mais il me semble que c’est peu pour un commerce traditionnel et au vu du travail à effectuer sur place.

Etant informaticien, j’ai essayé de « procédurer » énormément de pratiques afin que les employés se posent le moins de questions (Passage de commandes et validation, réception de commandes, réception de fournisseurs, propreté au sein de la parfumerie et l’institut, accueil de la clientèle et vente de produits…)

Pourquoi tu ne quittes pas ton emploi salarié? Comptes-tu le quitter une fois que tu auras rembourser les crédits?

Je ne quitte pas mon travail de salarié car le cashflow n’est pas suffisant et à hauteur de mon salaire actuel. Je pourrai en théorie le quitter à la fin des crédits mais je quitterai ce dernier plutôt avec la création d’un autre business plus rentable (les marges ne sont pas excellentes dans le domaine).

La parfumerie n’est pas mon domaine préféré et est très particulier en terme de relation avec les fournisseurs (contrats de distribution très contraignant…).

L’autre raison est qu’aujourd’hui, j’aurai dû mal à ne plus travailler (je n’ai pas encore assez travaillé mes loisirs) et puis j’aimerai diminuer mes risques en travaillant dans plusieurs domaines différents. Comme on dit en bourse « il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier » car un gros concurrent pourrait venir tout remettre en cause demain.

Cédric Annicette

Cédric Annicette

Depuis 2006, je partage mon expérience sur l’investissement, l’entrepreneuriat et le développement personnel. Devenu indépendant financièrement en 2011, et millionnaire en 2014, j’organise des séminaires ayant regroupés plus de 3000 personnes. J’ai créé plusieurs formations pour accompagner les personnes débutantes ou expérimentées dans les 4 piliers d’enrichissements que sont : l’immobilier, le business internet, le business classique et la bourse. Cliquez ici pour en savoir plus sur mon parcours

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12 réflexions au sujet de “Interview: j’ai investi dans une franchise de vente de parfums 1/2”

  1. bonjour, j’ai une question qui n’a aucun rapport avec ce billet.

    Je voudrai savoir qu’est ce que tu utilise pour légaliser tes revenus de ton blog ? webportage ? auto entrepreneur ?

    Cordialement

    Répondre
    • Effectivement ce commentaire vaut cher!
      Si Londres me manque, hier il y avait un reportage sur 5 français qui vivaient à Londres.
      ça m’a rappelé de bons souvenirs. Londres reste ma ville d’adoption!
      2008 et 2009 n’ont pas été trop dur pour toi là bas?

      Répondre
  2. Je trouve ce retour d’expérience particulièrement intéressant, est-ce que vous pensez que cette expérience acquise dans le domaine du commerce pourrait vous permettre de vous lancer plus facilement sur un autre créneau ? (commerce de détail ou même restauration).

    Si l’argent dégagé par l’activité n’est pas suffisant pour permettre de s’y consacrer à plein temps, ça reste tout de même un complément de revenu et en remboursant le crédit lié au magasin vous développez votre patrimoine, y a t’il d’autres avantages sur le plan financier ?

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  3. Aurélien,

    Oui, c’est certain que cette expérience me donnerait plus de facilité et j’avoue que je n’aurai aucune crainte à ouvrir un autre commerce aujourd’hui.

    Maintenant, la parfumerie comme d’autres domaines très spécifiques restent de vrais métiers ; Il faut donc s’entourer de personnel qualifié.

    Pour l’argent dégagé, tu en seras beaucoup plus dans un second article mais effectivement, cela développe mon patrimoine.

    Maintenant, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un placement non liquide (on ne vend pas un commerce comme des actions), d’autre part, pour pouvoir vendre un commerce, il faut bien sûr un acheteur (cela peut paraître évident mais pourtant on peut croire à une valeur fausse de son commerce).

    Pour les autres avantages sur le plan financiers, il y a uniquement un retour des fournisseurs sous la forme de chèques-cadeaux.

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  4. Une autre question Stéphane, j’ai un ami qui avec sa famille ont une activité de vente de produits alimentaires du terroir sur les foires et marchés, ça marche bien mais ils voudraient développer leur activité en boutique, ils maitrisent parfaitement l’approvisionnement (ils ont de très bons fournisseurs ce qui leur permet d’être moins chers que leurs concurrents), ils maitrisent parfaitement la vente, mais ont peur de reprendre un fond de commerce car c’est un investissement important et ils ne savent pas forcément par ou commencer, tu aurais un conseil à leur donner ? Pour ma part je leur ai conseillé de s’entourer de personnes compétentes dans ce domaine pour les aider à définir leur projet, à faire une étude de marché, peut-etre en faisant appel à un consultant, tu as un avis sur la question ?

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  5. Aurélien,

    Quand tu indiques reprendre un fond de commerce, c’est donc reprendre un commerce avec la même activité ? Dans ce cas, tu as les derniers bilans pour faire une évaluation avec ton expert-comptable (généralement gratuit du fait que tu vas travailler par la suite avec lui).

    Sinon, tu parles plutôt d’un droit d’entrée ou droit au bail. Il est vrai que cela est chère mais l’emplacement est le plus important… Maintenant, cela se négocie ou tu peux en cherchant bien ne pas avoir de droit d’entrée (c’est ce qui m’est arrivé pour la dernière activité de ma femme qui pourtant est en emplacement n°1 ; Il faut surtout oser)

    Faire une étude de marché, c’est bien mais tu peux aussi faire cela : Te positionner devant un commerce similaire et compter le nombre de client qui sortent avec des paquets. En connaissant le panier moyen, tu peux estimer ton CA sur l’année en faisont varier la saisonnalité des produits.

    Pour ma part, je suis très franchise mais il faut voir si cela existe dans le domaine mais surtout si cette dernière te permet d’avoir tes propres fournisseurs.

    En espérant t’avoir aidé.

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  6. Tout se passe bien! Je dois avoir un peu de chance, j’ai pas mal passe la crise. Par contre pas encore de vrai rebond en vue. L’avenir nous dira…

    Je comprends que Londres de te manque. Apres quelques annees ici, je me demande comment je pourrais vivre ailleurs. L’equilibre vie perso / boulot / qualite de vie est pour le moment excellent!

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  7. Bonjour Glob,

    Je suis un peu curieux… Je suppose que tu es dans le secteur financier au vu du parcours de Cédric Annicette ; Es-tu trader ? Si oui, sur quels marchés ? Les matières premières ont l’air d’être la force de l’Angleterre.

    Sinon, pourquoi l’équilibre vie perso/boulot/qualité de vie est bien meilleur qu’en France ? Vous pouvez vous expliquer ?

    Merci.

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  8. Bonjour Stephane, effectivement je parlais du droit au bail, il n’y a pas de franchise concernant l’activité de mon ami, par contre je sais qu’il a quelques concurrents sur Paris dont il m’a parlé, la difficulté c’est plutot qu’il ne sait pas comment « marketer » son commerce, l’emplacement, la gamme de produits qui sera légèrement différente de ce qu’il fait sur les foires, l’agencement de la boutique, je sais que son père va rencontrer quelqu’un qui a un réseau de boutiques comme ils veulent faire dans un autre pays, ça pourrait les aider à y voir plus clair, sinon je pense qu’ils devraient chercher à s’entourer de personnes compétentes sur les aspects qu’ils connaissent moins, comme un consultant par exemple, tu as une idée d’une structure à laquelle ils pourraient faire appel pour monter leur projet ? (public ou privé)

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